Revue internationale

L’art de gouverner ou le courage de changer

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l'art de gouverner ou le courage de changer

Plaidoyer pour une bonne gouvernance

Éditions  la Croisée des Chemins, 2017

Compte rendu du livre

L’idée centrale de ce livre part d’un constat : c’est que la crise politique est une réalité contemporaine ; elle affecte de manière variable et différenciée l’ensemble des systèmes politiques sans aucune distinction. Et tout un courant de pensée et de réflexion se déploie pour comprendre les raisons et les soubassements, mais aussi  pour proposer  les moyens appropriés en vue de  s’en sortir et les solutions adaptées pour mieux programmer les mutations et les refondations. La doctrine politique est unanime pour ramener cette crise à la mal-gouvernance  et à l’incapacité des gouvernants à accompagner les processus du changement en cours. L’Etat est partout contesté et critiqué ; il n’arrive plus à générer du mouvement face aux facteurs de fracture et de rupture, qui sont de plus en plus nombreux et complexes. Disons que l’Etat n’est plus ce qu’il était par le passé. On ne parlera plus de «  la fin de l’Etat »  ni de son épuisement politique, mais d’une nécessité politique de réadaptation dans un contexte international de plus en plus métamorphosé  et fluctuant. Autrement dit, ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est que  l’art de gouverner a besoin d’adaptation, de rénovation et de modernisation pour affronter la complexité des temps modernes et les exigences fort complexes des populations. Cette idée constitue la matrice de ce livre qui présente tout un ensemble de problématiques enchevêtrées, interdépendantes et  complémentaires de nature économique, sociale, culturelle, urbaine, éthique ou géostratégique qui préoccupent les esprits et inquiètent les Etats depuis plus de trente ans au moins.

         Les  textes constitutifs de cet ouvrage,  répartis en quatre problématiques stratégiques, versent vers une conclusion commune : l’urgence d’un « bon système de gouvernance » dans un monde déboussolé, fracturé, surchargé, difficile, complexe, conflictuel et incertain ; dans un monde où les promesses d’hier sont devenues fiction et mensonge aujourd’hui ; dans un monde ou la démocratie cède la place au populisme et à la médiocratie. Ce nouvel ordre politique est en voie de prolifération : il impose ses manifestes, ses tribunes charismatiques, ses pratiques et ses querelles d’école. C’est en réalité une nouvelle réaction qui se met en place à la suite de l’incapacité des gouvernants à créer de l’ordre et de la cohésion, du développement et du bien-être.    En deux générations, la certitude d’un progrès s’est peu à peu effacée devant l’évidence d’une régression sociale, politique, morale, éthique, économique et écologique. On ne comprend pas ce qui nous arrive. D’un échec à un autre, d’une crise à une autre, on s’est installé progressivement dans une « grande régression » qui se combine avec la barbarie, le terrorisme, la détestation de l’Autre, l’enfermement sur soi et d’autres problèmes plus graves encore relevant de l’ordre national comme de l’ordre international.

         Il y a une urgence aujourd’hui à revoir nos pratiques de gouvernement, nos rapports internationaux et la problématique du développement humain dans le monde. Le titre du livre : « L’art de gouverner ou le courage de changer » renvoie à cette liaison étroite entre la manière de gouverner et l’exigence qu’il faut porter en soi pour pouvoir entreprendre une grande métamorphose, mais aussi ses perspectives, au moins pour plusieurs siècles.

         L’objectif de ce livre est d’abord de comprendre pour mieux agir, ensuite de mettre en place les fondamentaux d’une gouvernance productive de projets, d’idées, de pensées et de compétences renouvelées et qualifiées ; une gouvernance qui  donnerait du sens à l’art de gouverner et à ses moyens d’action et de représentation.  Le livre est à la fois un questionnement et des évocations de quelques solutions. Il identifie les variables clés d’une prospection du futur susceptible de conduire à une réforme progressive et globale qui amène à la transformation nécessaire et à l’amélioration des instruments de gouvernabilité. D’où le nécessaire plaidoyer pour une bonne gouvernance des pratiques de gestion et, de manière générale, de la conduite de l’action publique. Ce qui est important aujourd’hui, ce n’est pas de changer parce que le changement s’impose à nous, mais de savoir manager les sociétés et de les conduire vers un futur maitrisé et heureux.

Le mot courage a été volontairement utilisé plusieurs fois dans ce livre pour des raisons tout à fait évidentes. Le courage est nécessaire partout, particulièrement pour les grands challenges et les grands défis. Dans le domaine qui nous concerne, l’histoire nous apprend qu’on ne peut gérer un Etat, réformer une société sans courage. Les grandes conquêtes, les grandes réalisations, les grandes expéditions, les grandes victoires, les grandes réformes réussies n’ont jamais été le résultat d’un hasard ou d’une chance, mais d’un courage sans limites. Celui-ci n’est pas l’expression ou le don d’un moment, c’est le courage à tout moment. Et aujourd’hui plus qu’avant, les décideurs publics comme les autres acteurs politiques et économiques doivent être armés non seulement de courage, mais aussi de compétence et d’intelligence.  Gouvernance et courage vont de pair.  On a du mal à les imaginer séparés. Et dans ces temps ou  les risques et les crises secouent les Etats et déstabilisent les politiques, nos dirigeants baissent les bras et sont souvent contre-exemplaires. Terrible période historique ou la lâcheté des dirigeants se nourrit de la faiblesse des vertueux et des hommes courageux. .

 L’idée fondamentale sur laquelle repose ce livre est de préparer les conditions d’un savoir-gouverner beaucoup plus que gouverner tout court. C’est cela la bonne gouvernance.

  Cet ouvrage est une invitation à réfléchir sur les vicissitudes du pouvoir et l’urgence de mettre en place les fondements assurés et durables d’une bonne gouvernance. Totalement convaincu que la gouvernance démocratique et managériale est  la seule à donner l’impulsion de fonder un autre destin collectif, il faut rappeler que la  Providence ne décide pas de notre destin et l’avenir dépend des volontés humaines et du courage des décideurs.

Partant de ce constat, le livre n’a pas la prétention de tout traiter, mais il a fait la sélection d’un certain nombre de problématiques, au nombre de quatre,  qui nous paraissent importantes et autour desquelles  se pose la question urgente de modernisation du pouvoir et de sa transformation profonde.

Partie I.   Questions de gouvernance, de gouvernementalité et de modernisation politique : Entre métamorphoses et ambivalences

Partie II.  Questions des droits de l’Homme, de l’universalité et de  la mondialisation : entre abstraction et démystification                       

Partie III.  Questions euro-méditerranéennes et gouvernance des risques et des crises : entre sens et contre-sens, résignation et résilience

Partie IV.  Questions d’urbanité, de territorialité et de citoyenneté : entre discours et réalité

Mots clés : Etat, gouvernance, gouvernementalité, art de gouverner, courage, régulation, réforme, modernisation, progrès, modernité, démocratie, citoyenneté, savoir, pouvoir, avoir, risque, crise, géostratégie, droits de l’Homme, valeurs, territorialité, urbanité, développement durable, changement, partenariat, universalité, mondialisation, sécurité, culture, euro-méditerranée.

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